LYON - RENNES : 1-1
Buts : Lopez (42e) pour Lyon. Gyan (14e) pour Rennes.
Sous les sifflets et sous la pluie de Gerland. Cet épilogue a un air de déjà-vu. Il atteste du malaise lyonnais à domicile. Dimanche soir, l'OL a une nouvelle fois piétiné dans son antre. Plus de deux mois que ça dure. Accrochés par Rennes en clôture de la 15e journée de Ligue 1, les hommes de Claude Puel devront encore patienter pour renouer avec un succès qui les fuit depuis le 26 septembre (2-1 face à Toulouse). La mauvaise série rhodanienne a des fondements plus profonds. Les cinq dernières sorties de l'OL se sont soldées par quatre nuls et une défaite, concédée mardi, à Florence (1-0). Pour atteindre l'objectif fixé par leur entraîneur - décrocher le titre honorifique de champion d'automne -, les Rhodaniens vont donc devoir cravacher dur. Car s'ils ont repris la deuxième place à Auxerre et si le leader bordelais n'a que deux longueurs d'avance, l'impression laissée dimanche soir augure de lendemains hésitants. Pour ne pas dire difficilesPendant une demi-heure, les Lyonnais ont été pris à la gorge par des Rennais maîtres de leur sujet. Omniprésents à la récupération, les Rouge et Noir ont mis moins de quinze minutes pour concrétiser leur domination. La huitième réalisation de Gyan (0-1, 14e) est venue récompenser la capacité bretonne à se projeter vite vers l'avant, à jouer entre les lignes. Elle a aussi sanctionné les errements d'une défense lyonnaise considérablement gênée par les permutations du trident Marveaux-Gyan-Bangoura et d'un milieu de terrain asphyxié par le pressing du duo Tettey-M'Vila.
Lisandro est un poison
Ce n'est pas nouveau : Rennes débute souvent ses rencontres pied au plancher. Faire de Lyon une équipe à réaction relève aussi de la caricature. Qui lui colle légitimement à la peau. A Liverpool (1-2) comme face à Marseille (5-5), l'OL avait su puiser dans ses ressources pour inverser la tendance. Cette fois, un coup de patte de Lisandro l'a remis dans le droit chemin juste avant la pause (1-1, 42e). De par son activité incessante, ses décrochages judicieux, sa justesse technique et son sens du but, l'Argentin fut un véritable poison pour l'arrière-garde rennaise. Catapulté dans la cage bretonne par le forfait de Nicolas Douchez, Abdoulaye Diallo a pourtant vécu un baptême du feu assez paisible. Pour son premier match en L1, le jeune portier de 17 ans s'est montré déterminant quand il le fallait : d'abord en remportant son duel face à Pjanic (34e) ; puis en détournant un missile de Gomis (88e) sur sa transversale.
Trop brouillonnes, trop dépendantes d'un éclair de Lisandro, les offensives lyonnaises se sont finalement avérées trop timorées pour inquiéter davantage celui qui n'était que cinquième dans la hiérarchie des gardiens rennais en début de saison. Celles menées les protégés de Frédéric Antonetti - touché par la grippe A et absent de son banc - auraient pu tuer le match. Il aurait fallu que Bruno Cheyrou ne trouve pas Hugo Lloris sur sa route (82e), ou que Fabien Lemoine ne manque pas le cadre face au but vide (87e). Pour Lyon, la reconquête du titre est un long chemin sinueux. "Cette année, c'est très difficile", a d'ailleurs admis Cris à l'issue de la rencontre, au micro de Canal+. Si même son capitaine le dit.
LA DECLA : Claude Puel (entraîneur de Lyon)
"Nous avons fait une très mauvaise entame. Nous étions assez apathiques face à une formation bien en place disciplinée et effectuant un bon pressing. Nous n'avons pas eu assez de jeu vers l'avant, ni mis assez de qualité. Nous avons su rectifier dans les vingt dernières minutes de la première période. Le but de Lisandro a récompensé cette bonne séquence. En seconde période, nous avons essayé sans l'étincelle et sans pouvoir mettre cette équipe en difficulté. On va se contenter de ce point pris car dans le dernier quart d'heure nous avons beaucoup poussé, il y a eu de la fatigue et nous nous en sortons plutôt bien car Rennes a été dangereux sur la fin. Je suis satisfait de ce point pris ce soir car notre performance n'a pas assez suffisante pour faire plus et Rennes a mérité son nul. Actuellement, nous sommes un peu dans la difficulté. Cela arrive et il faut parvenir à franchir ces difficultés le mieux possible".
Eurosport - Gil BAUDU
